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#35 Le saviez-vous? Paris

Destinations Le Corbusier promenades architecturales

Le cabinet d’architecture de Le Corbusier et Pierre Jeanneret se trouvant à Paris, c’est naturellement que la capitale française et ses alentours abritent la plus grande concentration de leurs réalisations.

En 1921 Le Corbusier est sollicité par Charles Berque, pour le réaménagement de sa maison située dans la Villa Montmorency, dans le XVIe arrondissement de Paris. Charles Berque était familier de l’œuvre de Le Corbusier puisque, sous les conseils de son fils Jean, peintre et ami d’Amédée Ozenfant, il devint actionnaire de la revue l’Esprit Nouveau.

La maison-atelier du peintre Ozenfant (1886-1966) est l’une des premières maisons puristes à Paris. Le Corbusier rencontre Ozenfant en 1918 et développe avec lui le concept de purisme, théorisé dans l’ouvrage Après le cubisme en 1918 et la Revue de l’Esprit Nouveau, publiée à partir de 1920. C’est Amédée Ozenfant qui initiera Le Corbusier à la peinture. En 1923, il acquiert une parcelle près du Parc Montsouris. Le terrain étroit à l’angle de deux rues impose de nombreuses contraintes de mitoyenneté et notamment la construction de murs sans ouverture sur trois côtés.

Du 28 avril au 30 novembre 1925 se tient à Paris l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes où chaque pays présente ses réalisations les plus emblématiques en matière d’art décoratif dans des pavillons éphémères. Deux courants architecturaux s’opposent : le style Art Déco et le courant moderniste, aussi connu sous le nom d’avant-garde Internationale. Le Corbusier et Pierre Jeanneret reçoivent pour leur projet un terrain situé derrière le Grand Palais. La parcelle étant boisée, Le Corbusier construit son pavillon avec un arbre au centre, qui sort par le toit.

Antonin Planeix (1895-1949), sculpteur de monuments funéraires et peintre amateur, souhaite se faire construire une maison moderne sur un terrain qu’il a acheté à Paris. Son terrain présente de nombreuses contraintes. Il est coincé entre le boulevard Masséna et un talus en bordure de voie ferrée. En 1924, il prend contact avec le Corbusier après avoir visité le Pavillon de L’Esprit Nouveau. Le Corbusier dessine rapidement les premiers plans à la fin de l’année 1925.

Le palais du Peuple est construit au 29 rue des Cordelières dans le XIIIème arrondissement de Paris, pour l’Armée du Salut. L’immeuble sur rue abrite l’administration, et l’arrière de la parcelle, réalisée par Le Corbusier, accueille les dortoirs. En 1926, Le Corbusier, à la demande de la princesse mécène Winaretta Singer de Polignac, est contacté par l’Armée du Salut pour réaliser un dortoir qui constituera le premier volet d’une riche collaboration avec l’Armée du Salut.

La commande porte sur la réhabilitation pour l’Armée du Salut, d’un chaland de 70 mètres de long et 8 mètres de large, laissé à l’abandon durant de nombreuses années. Il s’agit de reconvertir ce navire construit en béton armé en structure d’accueil pour 150 sans-abris parisiens. Le caractère insolite du projet, mais aussi l’enjeu que représente cet aménagement suscitent l’intérêt de l’architecte.

Charles de Beistégui (1895-1970) collectionneur d’art et héritier d’une famille ayant fait fortune dans l’extraction minière au Mexique loue depuis plusieurs années un appartement au cinquième niveau d’un hôtel particulier situé avenue des Champs-Élysées. Ayant la possibilité de faire des travaux, il demande en 1929 à Le Corbusier et Pierre Jeanneret de réaliser un appartement sur le toit de l’immeuble. Celui-ci doit être réalisé autour d’un ensemble de terrasses reliées entre elles par un subtil dispositif d’escaliers et d’emmarchements extérieurs, qui servira de cadre spectaculaire pour ses fêtes somptueuses.

L’Armée du Salut développe un ambitieux programme architectural après la Première Guerre mondiale pour aider les plus défavorisés. La Cité de Refuge est la troisième réalisation de Le Corbusier et Pierre Jeanneret pour l’Armée du Salut, après l’Annexe du palais du Peuple et L’asile flottant. Elle leur est confiée cette fois encore par Albin Peyron, commandant de l’Armée du Salut avec le soutien de la Princesse Singer de Polignac. Le bâtiment doit répondre aux trois prérogatives de l’Armée du Salut : l’hébergement en asile de nuit, la préparation et la distribution de repas, et le recyclage dans des ateliers.

Le Pavillon suisse répond à une commande du Curatorium des universités suisses et de l’université de Paris. Le programme de ce pavillon doit répondre aux attentes et objectifs de la Cité Universitaire, qui deviendra la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP). Elle est en effet fondée au XXème siècle pour offrir des logements hygiéniques et économiques à une population étudiante en forte hausse. Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret, vont obtenir le projet sans passer par un concours, grâce à l’appui de Rudolph Fueter, Président du curatorium.

En 1952, Lucio Costa est chargé par le gouvernement brésilien de la réalisation de la Maison du Brésil, une résidence pour les étudiants brésiliens dans l’enceinte de la Cité Universitaire internationale de Paris. Lucio Costa propose en 1953 une esquisse du bâtiment et confie le développement du projet à Le Corbusier, qui a déjà réalisé à proximité le pavillon Suisse. Tout en gardant le parti architectural initial, le Corbusier introduit tant de modifications que Lucio Costa se détache du projet. Il conseille néanmoins Charlotte Perriand pour l’aménagement intérieur des chambres d’étudiant. Financée par l’Institut brésilien d’études pédagogiques, elle est inaugurée le 24 juin 1959.